Tueries lors des manifs: « nous avons hérité d’une situation des droits de l’Homme totalement catastrophique »

La promesse du colonel Mamadi DOUMBOUYA sur le respect des droits humains en République de Guinée, semble voler en éclat. L’on consiste ces derniers temps les cas de morts pendant des manifestations appelées par le front national pour la défense de la constitution et celles spontanées. Ce qui met en doute la ‘’sincérité’’ du discours tenu par l’homme qui a suscité de l’espoir chez le peuple de Guinée le 05 septembre 2021.

Joint au téléphone ce vendredi, 09 septembre 2022 par l’équipe des Grandes Gueules, Mamadi KABA activiste de la société civile Guinéenne et ancien président de l’INDH, estime que, si l’on doit sécuriser les manifestants, nous devons aussi assurer la sécurité de ceux qui ne manifestent pas.

« Le pays est victime de son passé. Nous avons hérité d’une situation des droits de l’Homme totalement catastrophique. Et il ne fallait pas s’attendre aussitôt à un miracle. Mais, j’ai beaucoup d’espoir pour l’avenir au regard de la volonté des autorités qui dirigent le pays aujourd’hui. Maintenant, j’encourage le ministre de la justice et des droits de l’Hommes d’améliorer sa communication. Il doit être prompte dès qu’on signale un cas de mort. Le défi qu’on a aujourd’hui par rapport à la jouissance des droits civiques et politiques, c’est un dialogue. Cela pourrait nous aider à obtenir un minimum de consensus sur certains paramètres des droits civils et politiques qui ne peuvent d’être obtenir que par le dialogue. Sinon, il y a des efforts qui sont en cours dans ce sens. Il y a des efforts que nous saluons et qui nous donne assez d’espoir pour l’avenir. La mise en place de la CRIEF en est un exemple. Vous-mêmes, vous vous êtes battus pendant dix années pour la mise en place de la haute cour de justice mais, nous ne l’avons jamais obtenue », a rappelé Mamadi KABA.

Abordant la question liée à la présence des militaires sur le terrain des manifestations souvent soldées par des cas de morts, l’activiste donne son point de vue.

« En tant qu’activiste des droits humains, nous sommes confrontés à une situation compliquée. L’Etat a l’obligation absolue de sécuriser les citoyens et leurs biens. Si l’on doit sécuriser les manifestants, nous devons aussi assurer la sécurité de ceux qui ne manifestent pas. Pour celui qui sort le jour de la manifestation à la recherche du pain quotidien, peut faire l’objet d’attaque. Et souvent, ces gens perdent leurs biens. Dans ce cas, si l’Etat estime qu’il faut renforcer les agents sur le terrain pour protéger les non-manifestants, ce qui relève de ses prorogations, je pense que c’est une bonne chose même si cela n’était pas souhaitable. Vous êtes d’accord avec moi que, la police et la gendarmerie sont très limitées dans le maintien d’ordre. Les moyens de ces unités d’intervention sont limités, d’où l’appel des militaires en renfort. On a connu des moments ici où les policiers ont été attaqués dans leurs bases. Certains mêmes ont été tués dans leurs sièges, ce qui est dommage », a dénoncé Mamadi KABA.

 

espacetvguinee.info    

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