Dissolution des conseils communaux: il n’y a aucune nouveauté dans ce qui se passe(édito)

La gestion de nos communes en question. Le gouvernement entame la dissolution des conseils communaux et promet d’installer à leur place, des délégations spéciales. Il n’y a aucune nouveauté dans ce qui se passe, les délégations spéciales ont souvent été installées par les trois derniers pouvoirs qui ont dirigé la Guinée. Le CNDD, dans un contexte similaire à celui que nous vivons actuellement, à quelques exceptions près. Et à l’époque, aucune raison valable n’avait été invoquée du moins pour convaincre les esprits critiques. De toutes les façons, les guinéens ne se sont pas posés de questions à l’époque. Les maires élus en 2006, devraient être remplacés, c’est tout.

Avant les communales de 2018 et juste après les législatives de 2013, les politiques ont exprimé leur désir de participer à la gestion du pays, au niveau des communes. Très rapidement, ils ont trouvé un accord. Et tout a été partagé sur la base des résultats obtenus par chaque formation politique aux législatives. Enfin ! Il fallait cela pour mettre un terme aux manifestations politiques de l’époque organisées sans cesse, par la défunte opposition républicaine. Les délégations spéciales, répondaient directement, mais à la fois, du gouvernement et des partis politiques. Elles ne sont pas légitimes. Le moyen utilisé ne peut légalement remplacer le suffrage que les citoyens des différentes circonscriptions auraient pu exprimer.

Pour ce qui est de la gestion, elle n’a jamais été vertueuse. Elle n’a pas non plus été efficace. Moins efficace pour mobiliser les ressources, identifier les poches de recettes et initier des projets en vue de la participation des partenaires financiers et techniques, aux actions de développement. Nos compatriotes de l’arrière-pays le savent, nos maires ne sont bons, qu’à demander les taxes connues de tous. S’ils ne sont pas gourmands, ils se partagent le peu qu’ils peuvent gagner avec leurs conseillers. Sinon, les autres en colère dénoncent toutes les tares. Non pas de bonne foi, mais par pure vengeance.

Le choix du régime d’Alpha Condé, d’appuyer les collectivités, par une partie des ressources issues de l’exploitation minière. Trois structures ont été créées, gérées par des techniciens désignés par l’État. Désignés, en dehors des cadres des services d’appui des communes, pourtant affectés pour cela. Les directions communales de la santé, de l’éducation, de l’environnement, attendent des instructions des directions nationales pour opérer dans les quartiers et districts. Si une politique gouvernementale ne déclenche une opération, rien ne se fait dans les secteurs importants à la base. Les maires élus n’ont pas surpris dans la gestion des ordures. Rien à attendre des délégations spéciales.

Alors des accusations de malversations financières brandies par le ministère de l’administration du territoire, nous pouvons attendre des procès. S’il est établi que les élus ont volé l’argent de leurs mandants, ils doivent rembourser pour aider à aménager les points d’eau, assainir les quartiers, construire des écoles et centres de santé. Mais il faut y mettre de la méthode pour rassurer, même les citoyens, au nom desquels on prétend agir.

Les quartiers et districts, manquent du nécessaire et c’est bien dommage.

 

Jacques Lewa LENO.

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