CNRD/éducation: « dire que l’école est une priorité, n’est pas suffisant », (édito)

L’école guinéenne a besoin d‘investissement. Le ministre de l’enseignement pré-universitaire et de l’alphabétisation comprend bien la situation. Il dit avoir fait le constat sur le terrain. Les faiblesses, l’absence parfois de l’État, il dit avoir tout observé. C’est bien ce que le Professeur Bano avait pu voir. Il disait avoir lui aussi mener des enquêtes pour arriver à un tel diagnostic. Rien de surprenant, Mory Sangaré, qui ne parlait pas beaucoup,

Ibrahima Kalil Konaté et Ibrahima Kourouma, se sont tous prononcés sur les mêmes problèmes. Manque de salles de classes, insuffisance d’enseignants et pléthore d’enseignants qualifiés dans un nombre important d’établissements.

On ne peut donc être surpris, au terme des examens organisés avec autant de sérieux, de l’échec massif des apprenants. À tous les niveaux, les tares sont énormes et ce n’est pas maintenant et tout de suite que la solution sera trouvée. À part des propositions qu’on peut entendre de part et d’autre, les actions manquent véritablement. Aussi bien dans la construction des écoles que dans la formation et le déploiement des formateurs. Les actions manquent en raison du peu de moyens mobilisés pour l’apprentissage. Dire que l’école est une priorité n’est pas  suffisant. Jusque-là pour les trois départements du système, on est en dessous des 15% de la part du budget.

Les priorités sont nombreuses et aucune ne veut attendre une autre. Mais pour l’école, nous devrions tout faire pour atteindre certains objectifs dans l’immédiat : une école vertueuse et républicaine et une école moderne, qui intègre les progrès du moment. Pour ce qui concerne l’école vertueuse elle passe par la moralisation des évaluations, mais il faudra travailler sur les programmes d’enseignement pour lui donner tout le caractère républicain. Parce que la Guinée, mérite d’être comprise par ses fils d’abord, qui travailleront ensuite à l’enseigner aux autres. L’universalité, d’accord, mais sans se détacher complètement des valeurs sociales qui caractérisent nos différentes communautés. Et le monde avance, les nouvelles technologies ne peuvent plus être regardées de travers. Il faut absolument les intégrer dans la politique globale de l’éducation.

Pour l’enseignement élémentaire, point de départ de toute cette formation, il faut nécessairement des mesures incitatives pour les formateurs. Les décideurs ne peuvent pas vouloir d’une formation de qualité, avec un personnel mal payé et méprisé. À la limite, ce sont des cadres d’un niveau faible qui sont choisis pour dispenser les cours d’écriture, et de calcul et de lecture aux enfants. On ne peut y arriver quelque soient les discours de fermeté autour. Il existe toujours un handicap majeur qui s’explique par la démission sinon les mauvais choix de l’exécutif. Il n’y a pas de miracle à attendre d’un pauvre enseignant, mal formé.

Les réformes brandies auraient dû prendre en compte la question des salaires et de leur harmonisation. Cela établirait l’égalité entre ceux qui consacrent leur temps à donner l’instruction et l’éducation à nos enfants. Ceci dit, certaines réalités ne demandent pas de réflexions profondes pour apporter des réponses. Il suffit de décider et d’agir tout de suite.

Il ne faut plus perdre du temps dans des salons ou conférence sur l’éducation. Il est temps d’appliquer les recommandations des précédentes rencontres.

Jacques Lewa LENO

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