Discours ethnique du candidat Alpha Condé : des acteurs sociopolitiques dénoncent une dérive

Ce samedi, le candidat Alpha Condé, s’est adressé à ses militants de Kankan par visioconférence. Dans son discours, il s’est lancé dans le communautarisme et le régionalisme en appelant des guinéens à ne pas voter pour le candidat Cellou Dalein Diallo. Des propos très graves selon des acteurs sociopolitiques

En lieu et place des programmes de gouvernance solides et réalistes, des leaders politiques ventent le communautarisme, surfent sur la fibre ethnique. Ils suscitent la peur, l’angoisse et le rejet de l’autre. Cette pratique mal saine a déjà fait des victimes. Mais nos politiques n’en ont rien à faire. Alpha Condé s’adressant à ses militants, ce samedi, a encore remué le couteau dans la plaie. Cet acteur de la société civile regrette et condamne cette dérive.

« Si dans d’autres pays le populisme à une dimension donnée est autorisé, il faut savoir que chez nous la fragilisation du tissu social, le niveau de pauvreté de la population, l’analphabétisme interdisent à tout leader à surfer sur la fibre ethnique. Ce message est valable pour tous les leaders », fait remarquer Abdoul Sacko, activiste de la société civile.

Depuis 3 ans ces discours incendiaires tenus par des personnalités publiques sont scrutés par une cellule dédiée à cet effet. Ils répondront de leurs actes selon Abdoul SACKO.

« Les actions dépendront de l’analyse des spécialistes. Mais nous pensons déjà par principe que c’est quelque chose de condamnable ».

Pour Dr OUSMANE KABA, président du parti des démocrates pour l’espoir et candidat à la présidentielle du 18 octobre, le moment est mal choisi pour patauger dans l’ethno-stratégie. Le candidat Alpha Condé doit battre campagne sur son bilan. « Ce qu’il devait dire aux guinéens, c’est nombre d’emplois crées, les infrastructures construites, le nombre de villes ou villages électrifiés… C’est ça le vrai débat en ce qui concerne Alpha Condé qui est président de la République depuis dix ans maintenant à notre avis ».

Le leader du PADES invite les électeurs à sanctionner le régime Condé le 18 octobre prochain. « Depuis l’indépendance, personne n’avait fait cinq heures entre Conakry et Kindia. Je crois que son bilan parle de lui-même et les guinéens sont intelligents et ils feront le bon choix le 18 octobre. Car ils savent qu’avec ce régime, on ira nulle part ».

En Guinée, les tensions ethniques refont surface à chaque période électorale. La situation a été particulièrement tendue lors de la présidentielle de 2010.

Mamadou Bhoye Bah/ Mamadou Kaly Sow

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