Les routes menant au pays profond ! (Par Ibrahima Sanoh)

Quand on est à Conakry, y vit, écoute la radio et regarde la télévision, on a l’impression que le pays se réduit à sa capitale, que ses autres parties n’existent et qu’il n’y a pas une vie. Quand on  décide de sortir de Conakry où tout est régenté, pour aller loin , un peu plus loin  afin de  rencontrer d’autres gens , de vivre d’autres réalités, on découvre alors que la Guinée est un merveilleux pays et que Conakry ne devrait pas être son centre. En sortant de Conakry, on est frappé par  les travaux de construction d’une nouvelle route nationale N°1 de Conakry à Kouroussa.   Aussi, on constate l’existence des postes de barrages à la rentrée de certaines villes.

Construction de la route nationale N° 1 Conakry- Kouroussa

La route Conakry- Kouroussa est en construction. Les sociétés chinoises CBITEC, Henan China y font un gigantesque travail. On redresse notre route serpentée, on l’élargit et l’agrandit.  On y construit des ponts. Le travail se fait de nuit et de jour et les ingénieurs et ouvriers s’emploient à respecter les délais d’exécution.

Quand on refait une route, les passages s’obstruent par endroit, alors on ouvre les voies de contournement pour ne pas empêcher la mobilité des personnes et des biens. Quand on refait une route si fréquentée que celle nationale numéro 1, en saison sèche, le passage des voitures lève la poussière qui salit les passagers.  En saison pluvieuse, ces routes en construction deviennent impraticables en raison des précipitions trop grandes et de l’affluence.  Alors, les voitures se bloquent dans les boues et les passagers aussi.

Le travail de construction d’une route nationale de cette envergure est une ambition politique à saluer. Bamako sera plus proche de Conakry et les agents économiques maliens trouveront plus intéressant de recourir au port de Conakry  qu’à ceux de Dakar et d’Abidjan plus distants. Alors, les recettes douanières de l’Etat guinéen augmenteront aux dépens de ceux de deux capitales susmentionnées.  Le commerce international sera facilité ; au dire des économistes et de la théorie économique, le produit intérieur brut guinéen augmentera.

Etant donné que notre pays connait six mois de saison pluvieuse, il y a nécessité que les travaux soient accélérés par l’augmentation du nombre d’ingénieurs et d’ouvriers dans les différents chantiers et sur les différents sites.  Cela pourrait se fait à travers un plaidoyer de nos autorités aux responsables des entités en charge de refaire cette route. Mais, il est consternant de constater que ces travaux sont rarement montrés à la télévision et qu’aussi les travaux  ne sont pas l’objet de  fréquentes visites de terrain de la part des autorités au plus grand niveau. Lors des constructions des ouvrages de franchissement en Côte d’Ivoire et à Abidjan, en plus du ministre des travaux publics qui suivait l’exécution des travaux, le Premier Ministre  Duncan  visitait fréquemment les chantiers. Il affichait l’image d’un Premier Ministre bâtisseur. Il est  triste que cela ne soit pas le cas en Guinée.

L’importance des infrastructures dans la création de la prospérité n’est pas à rappeler. Ce serait dire ce qu’il est connu que tous et admis.  L’objectif du premier Président de la IVe République étant le partage de la prospérité, il doit œuvrer à la créer. On ne saurait partager une richesse qu’on n’a pas.  Le réseau routier guinéen est essentiellement vétuste : la route nationale  menant à N’Zérékoré, capitale de la Guinée forestière,   passant par Faranah et Guéckédou est vétuste,  celle menant à Banankoro en passant par Kankan et même Kissidougou est vétuste, celle menant à Kankan en passant par Kissioudougou n’est pas été refaite depuis l’arrêt par la société burkinabé EBOMAF en 2012.  La route qui mène à Labé est aussi étroite, serpentée ; il faudrait l’élargir car elle conduit au Sénégal et aussi à certains centres de production : Dalaba, Pita, etc. Les pistes rurales doivent aussi recevoir l’attention de l’Etat qui doit œuvrer, il le fait déjà, à  désenclaver les zones de production et faciliter l’écoulement des produits agricoles dans les grandes villes.

Postes de barrage le long des routes 

Depuis la présidentielle du 18 octobre 2020, peut-être bien avant, les barrages ont été érigés le long des principales routes nationales du pays. L’objectif est de protéger les personnes et leurs biens et d’assurer la sécurité nationale.  Pour cela, il faut le contrôle d’identité.

Que doit-il se passer si un passager n’a pas sa pièce d’identité ?  Si vous ne l’avez pas, vous payez 10 000 GNF. Si le chauffeur n’a pas ses pièces au complet, il peut   tendre la main aux agents de contrôle : on appelle cela le « mouillage des barbes ».  « Mouiller les barbes » des agents de sécurité  au poste de contrôle, vous confère un coupe-file  qui vous évite de perdre en temps. Si le contrôle d’identité ne se tient pas convenablement, on peut se poser les questions sur le bienfondé de la présence des barrages.

On ne fouille pas les voitures, ni les camions. On ne peut  pas  vider le contenu d’une voiture pour vérifier ce qui y est, fautes des moyens de vérifications. Ces postes sont devenus des moyens d’enrichissement illicites pour les agents qui y servent. Souvent, pour le déshonneur de leurs tenues, ils mendient : ils demandent de l’argent aux chauffeurs et aux  grandes pontes qui empruntent ces routes. «  Excellence, Honorable, le prix  du café ! », disent-ils.

Ibrahima SANOH, citoyen guinéen.

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