Gouverner avec le Droit Monsieur le Président, pas autrement ! (lettre ouverte)

Excellence Monsieur le Président de la République.

Vous avez entamé le 21 Décembre 2020 un nouveau mandat à la faveur des élections présidentielles du 18 Octobre 2020, dont les résultats rendus définitifs par la Cour Constitutionnelle vous ont déclaré vainqueur.

Vous avez mené la campagne présidentielle avec le slogan’’Prospérité Partagée’’. Suite à votre élection, vous avez daigné choisir le slogan’’Gouverner Autrement’’pour baptiser le nouveau mandat.

Monsieur le Président de la République,

Le nom de baptême sous le sceau duquel vous avez bien voulu placer ce mandat qui s’ouvre, me laisse perplexe, inquiet et peu enthousiaste. D’où, l’excuse de la liberté que j’ai prise de vous adresser cette lettre ouverte, avec l’espoir que, le vent des technologies de l’information la projettera sous vos yeux.

Monsieur le Président de la République,

Ma préoccupation en tant que citoyen face au slogan’’Gouverner Autrement,’’réside aussi bien dans son ambivalence sémantique que dans sa portée. En effet, du point de vue sémantique, je m’interroge à plusieurs égards.

  1. Gouverner autrement signifie-t-il corriger les erreurs des mandats précédents ? En avait-il connaissance ? Pourquoi n’avoir pas agi ?
  2. Gouverner autrement signifie-t-il donner encore une chance à ceux qui ont engendré ces erreurs du passé ?
  3. Gouverner autrement signifie-t-il une gouvernance inclusive ?
  4. Gouverner autrement signifie-t-il recourir aux pratiques de bonne gouvernance qui ont fait défaut les mandats précédents ?
  5. Gouverner autrement signifie-t-il lutter ’’efficacement’’ contre la corruption et les pratiques assimilées dans toutes les sphères de l’Etat ?
  6. Gouverner autrement signifie-t-il ceci ou cela, j’en passe !

Autant de questions dont les réponses tarderont à arriver ou qu’elles n’arriveront pas du tout tant elles sont nombreuses et adressées à une autorité supérieure à laquelle je n’ai pas accès pour la questionner.

Du point de vue de sa portée, je m’interroge sur les résultats à attendre de la mise en œuvre de ce slogan, dès lors que son sens ne me rassure pas et me paraît superflu.

Monsieur le Président de la République,

J’estime pour ma part, que la seule recette qui vaille pour laisser à la postérité, une Guinée forte, solide et ambitieuse d’un véritable développement économique, serait deGouverner avec le Droit. Autrement,je suis convaincu que vos années de haute lutte pour le bien-être social des guinéens continueraient à être frontalement éprouvées comme ce fut le cas depuis une décennie.

Monsieur le Président de la République,

Ayez six ans de performance économique avec des équilibres macro-économiques , une croissance à deux chiffres, tous les indicateurs économiques au vert, ils seront amenés à s’effriter un jour si un élément d’extranéité comme Ebola ou le Covid-19 surgissait. Mieux, quelle que soit l’embellie économique, certains concitoyens n’en ressentiraient pas les effets.

En revanche, evertuez-vous à bâtir durant les six prochaines années :

  • Un système judiciaire fort mieux doté budgétairement avec des infrastructures dignes de Dam Thémis ;
  • A appliquer et faire appliquer la loi, en exigeant de votre administration et de tous les citoyens la soumission à l’autorité de la loi ;
  • A garantir l’indépendance de la justice et le fonctionnement régulier des institutions dont vous êtes la clé de voûte;
  • A protéger et faire protéger les libertés individuelles et collectives.

Je vous garantis que vous aurez sauvé à jamais le pays car, même cinquante ans de gouvernance du diable après les six ans ne suffiront pas pour ébranler ces fondements de la République dont, tous les citoyens jouiront des bienfaits.

C’est à cela que je vous exhorte humblement Monsieur le Président de la République,en vous souhaitant bonne réception de cette missive, et dans l’espoir que vous en tirerez utilité. In fine, Monsieur le Président de la République,que vous choisissiez de gouverner avec le DroitouAutrement, démarrer le mandat avec la mise en place de la Haute Cour de Justice, car, c’est elle seule qui pourra vous faire subir les rigueur de la loi en cas de parjure conformément à votre serment.

Veuillez agréer,Excellence Monsieur le Président de la Républiquel’expression de ma très haute considération.

Karamoko Mady CAMARA

Juriste, Citoyen.

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