Dans ce pays, de l’opposition au cachot, la distance est infime ( Abdourahmane Sénateur Diallo)

Quelle que soit la flagrance de la démagogie dans votre glossaire, il vous sera impossible de trouver d’autres termes pour décrire la situation qui prévaut en Guinée, autre que  » Dictature » !

Lorsqu’une gouvernance, surtout dans un pays avec un lourd passé, se montre aussi insensible et désintéressée vis-à-vis des principes démocratiques les plus basiques, c’est le signal idéal pour comprendre la distance qui se crée entre le bonheur et le présent, et même le futur proche !

Lorsque dans un pays, toutes les voix contestataires sont muselées ; toute position opposée à celle des gouvernants (ou dois-je dire de la Cour Royale) est réprimée ; et que toute couleur, odeur, saveur, intention contraire à celle du groupuscule étatique se sent menacée, résignez-vous car c’est l’heure de la malédiction qui a sonné !

Quand on est un peuple qui a subi la Révolution de la Première République, qui a pris les coups des gouvernances militaires de la Deuxième République, et qui se retrouve dans une inopinée Troisième République de désillusion, priez et implorez la grâce divine, car vous êtes en conflit avec Dieu!

Quand la démagogie devient une identité nationale, et quand la raison et la morale sont isolées dans l’impuissance de la minorité qui les défend désespérément, comprenez que vous êtes dans un pays sur lequel s’abat la colère divine.

Qu’un peuple, dont les cicatrices du mal étatique ne disparaîtront jamais, se mette à subir de telles atrocités en pleine ère mondiale moderne, c’est plus que dommage!

Ce qui se passe en Guinée n’a pas de nom. De mon point de vue, je comprends que les dix premières années de ce régime étaient consacrées à diviser les Guinéens, de façon à ce qu’ils ne puissent jamais s’entendre même sur l’essentiel. Les prochaines années (Seul Dieu Sait jusqu’à quand), seront celles de la répression de tout ce qui est opposant: politiques, activistes, journalistes, religieux, scientifiques… je crains que même l’air ne soit soumis à la contrainte de la pensée unique: celle de l’élan gouvernemental.

Je l’avais dit et je le réitère: la Guinée est ce pays qui refuse obstinément de rompre avec son passé de merde. Les pratiques comme la torture, les complots, le bâillonnement, le Parti-Etat auront duré autant que la République l’a été. Des opposants se font tuer depuis les premières heures de l’Etat guinéen, et continuent à subir les mêmes sorts.

Ceux qui, comme moi, avaient une illusion de démocratie, priez désormais pour qu’au moins la dictature normale puisse revenir. Parce que celle-ci consiste seulement à confisquer le pouvoir et régner éternellement. Avec une dictature comme celle de Conté, la nation garderait au moins ce qui fait d’elle une nation; les citoyens s’ils ne réclament pas la tête du président, pourraient vaquer tranquillement à leurs occupations; le minimum de liberté serait garanti; les partis politiques pourraient tranquillement opérer… Mais là, tout est clairement mis sur pied vers l’édification d’un royaume. Examinez tous les actes que pose l’État, vous vous apercevrez que  tout est en train d’être mis en place pour confisquer le pays et ses habitants pour une fierté tribale. L’objectif est clair, et il faut avoir l’audace de le dire clairement: c’est une hégémonie communautaire qui se prépare. Les autres, vous avez le choix entre se rallier ou périr.

Dire « non » au système dans l’actuelle Guinée, c’est dire « non » à la liberté et à la vie!

Abdourahmane Sénateur Diallo, journaliste Radio Espace.

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