Boris Johnson obtient un mandat record pour son « Let’s get Brexit done » et la permission de la reine pour former son « people’s government »

Le 23 juin 2016 David Cameron premier ministre du moment soumettait le référendum sur l’union européenne au peuple britannique. Contre toute attente, le résultat a été de 52,89% en faveur du NON contre 48,11% qui voulaient rester dans l’union. Un résultat de deux groupes de campagnes pour quitter l’institution de Bruxelles. D’une part le groupe de Boris Johnson qui s’est basé sur l’économie et le contrôle des lois, de l’autre Nigel Farage avec son parti UKIP pour la fermeture des frontières à l’immigration. Ce second argument donnera plus de poids au NON. Cette campagne anti-migratoire avait pris les villages les plus reculés en passant par les villes qui souffraient des mesures d’austérité.

Défaite cuisante pour David Cameron et son gouvernement qui avait à l’idée que le monde se modernise donc quitter ce partenariat européen était impossible tout en oubliant que le tournevis sur l’économie avait créé de la frustration dans les villes industrielles et côtières. Il sera obligé de rendre sa démission quelques heures après l’annonce des résultats. Mais le parti conservateur étant toujours dans le cours de son mandat devait trouver un nouveau leader pour occuper la primature. Le choix tombera sur Theresa May qui viendra le 13 juillet 2016 pour accomplir le choix du peuple dira t-elle et aussi « unifier » la nation.

Comment réaliser une promesse telle que le Brexit alors qu’au regard de la loi le référendum n’était qu’une consultation et seul le parlement peut l’autoriser en l’intégrant dans la loi ? La seconde question c’est quel modèle de sortie de l’union européenne il faut adopter et proposer à Bruxelles ?
Pour répondre à ces questions elle devait organiser des élections générales afin d’obtenir sa majorité confortable qui ferait passer ses propositions. Mais dans un pays divisé par ce référendum, elle n’obtiendra pas cette majorité d’au moins 325 sièges demandés sur 650. Le parti avait même chuté de 330 à 317. Le recours était donc une coalition ou gouverner avec une minorité et de ce fait dans l’impossibilité de réaliser les promesses. Un deal de £10 milliards sera signé avec le parti DUP d’Irlande du Nord en échange d’un appui de leurs 10 voix pour faire 327 pour May.

Ainsi, elle qui est fervente militante de l’union européenne croyait être bien partie. Avant ces élections elle avait déjà déclenché le processus de retrait de l’union sans avoir établi un plan, une erreur ? Au fil du temps, elle sera confronte à d’enornes difficultés dues en partie à son refus d’écoute à l’interne. Elle va survivre à un vote de défiance de son parti mais par trois fois le parlement rejettera son plan du Brexit. Elle rend à son tour sa démission le 27 mars 2019 et part le 24 Juillet. Trois ans après le référendum, le Brexit reste toujours sur la table dans son étape préliminaire.

Entre temps un nouveau et troisième leader du parti conservateur sera trouvé en la personne de Boris Johnson qui entre dans le jeu le même jour du départ de Theresa May. Une seconde tentative heureuse pour lui après son retrait de la course pour succéder à David Cameron. C’est maintenant un militant du Brexit au pouvoir. L’ancien maire de Londres, journaliste, est un personnage politique très controversé. Il est populaire et le plus souvent amusant dans ses discours avec une manipulation de la langue qui n’appartient qu’à lui seul. Aussi accusé de menteur, de faire trop dans l’élitisme, d’utilisation de language raciste et homophobe.

Le blond aux cheveux pêle-mêle ira dans sa nouvelle fonction sans s’en faire un souci.
« Nous allons réalisé le Brexit vaille que vaille.
« Je n’irai jamais à Bruxelles pour demander qu’on repousse la date du début de retrait du Royaume-Uni. Je préfère mourir dans un faussé que de le faire. »
Avant son arrivée à la primature, Theresa May avait fait accorder au parlement le 31 Octobre 2019 pour l’entame du processus. Boris Johnson qui, avec ce discours pro Brexit dur, paraissait l’homme idéal aux yeux des votants du Non après trois ans d’attente. Mais au fond c’est une personne qui n’est pas tout à fait contre l’union européenne.

A son tour et surtout face à la petite majorité de 11 qui commençait à balancer, la réticence du parlement, il appelera aux élections. La date du 12 décembre pour les urnes.
Trois ans de frustrantions des anti union européenne, d’inquiétude des ressortissants de l’union, d’incertitude économique, de moqueries du côté du continent envers l’île britannique, pour finalement savoir où se dirige le Brexit ?
Bien avant, la primature avait effectivement demandé à Bruxelles de repousser la date du début du retrait. Mais « pour ne pas mourir dans un fausse » le PM Boris Johnson n’a pas signé le document.

Après des campagnes émaillées de fake news, de mensonges, de désinformation, de haine, le lendemain du vote le 13 décembre 2019 les nouvelles affiches une majorité de 40 offerte à Boris Johnson. Large majorité pour implémenter son
« Let’s get Brexit done ». Il n’a parlé que de ça durant toute sa campagne en ciblant les zones de l’opposition qui avaient dit NON à l’union européenne. Il obtient leur faveur et considère que se sont des votes empruntés qu’il honorera. Il a déjà donné un nom à son gouvernement « People’s Government » qui sera formé au plus vite car dès le jeudi la reine qui déjà a donné sa permission pour cette formation, prononcera son discours le jeudi 19 décembre probablement. Le parlement va alors reprendre de service le vendredi 20 et confortablement les conservateurs qui ne sont plus liés avec une coalition vont faire passer leurs lois. Les conservateurs ont toujours appelé leur parti le « One Nation Party ». Mais il n’a jamais paru de cette manière, la campagne de Boris n’en a jamais mentionné.

Mais ce résultat est non seulement la meilleure jamais réalisée par ce parti depuis 1987, c’est aussi la première fois qu’il est réélu quatre fois à la suite.

Face à Boris Johnson, l’ancien activiste des droits de l’homme Jeremy Corbyn avec une vision populiste de gauche et au sein de son parti un problème antisémite qu’il n’a pu vraiment gérer. C’est aussi un homme qui sur les questions européennes a toujours voté non pendant toutes ses années à Westminster d’où ses hésitations sur ce sujet du Brexit. Il n’a jamais voulu indiquer une position claire malgré la pression des pros de l’union dans son parti. Il avait enregistré des départs à cause de ce leadership faible. Pour la seconde fois consécutive il perd les élections et cette fois c’est le résultat le plus mauvais résultat du parti depuis 1935. Il a annoncé sa démission à la tête du Labour party.

Boris Johnson peut bien vouloir réaliser le Brexit, a bien pu amener de nouveaux votes au compte de son parti et a bien obtenu une large majorité, mais dans l’exécution de son plan il ya la question de la gestion au niveau de la frontière Irlandaise et d’Irlande du Nord. La stabilité dans cette région est primordiale pour la sécurité. En Irlande du Nord il ya eu plus de nationalistes élus que d’unionistes cette fois, c’est un malaise.
Le parti nationaliste écossais de la première ministre Nicola Sturgeon a lui, pu rester constant. De ce côté elle annonce qu’elle soumettra un document légal pour un second référendum pour quitter le Royaume-Uni. Cette décision dépendra du parlement de Westminster, mais au vu de cette majorité des conservateurs, il sera difficile de le leur accorder.
Les libéraux démocrates qui étaient considérés comme le parti de l’union européenne et qui voulaient un autre référendum du Brexit, ont eu d’une manière ce référendum. Le résultat montre que c’était une élection du Brexit et la leader du parti Jo Swinson a également perdu son siège au parlement.

A ce stade on sait maintenant que l’union européenne et le Royaume-Uni vont se séparer. Les deux vont signer un autre accord politique qui déterminera la méthode d’exécution du processus. Du côté de Westminster il n’y a plus de barrières. La livre sterling est remonté face à l’euro et le dollar, les investisseurs peuvent établir leurs plans. Les ressortissants de l’union européenne eux restent toujours à l’écoute de leur sort en ce qui concerne leurs droits, de l’autre côté les Britanniques attendent aussi.

Il n’y a pas que le Brexit dans ce processus démocratique, il ya les affaires intérieures, un service public affaissé par neuf années d’austérité. Le patrimoine qui fait la fierté de la nation qui est le service de santé a fait couler beaucoup d’encre et de salive soit disant que les conservateurs veulent le privatiser, l’americaniser. Mais Boris Johnson a toujours rejeté ces informations et a toujours insisté que ce service n’est pas à vendre aux américains. L’avenir le dira.

On dit que son « people’s government » veut dire qu’il nommera des personnes d’autres visions politiques, un gouvernement centriste peut-être.

Pour finir et observer cette nouvelle carte électorale du Royaume-Uni pour les années à venir, c’est l’extraordinaire aspiration de la scène politique de Mr Brexit Nigel Farage. De son UKIP avec le NON au référendum, il a formé le parti du Brexit qui a raflé des sièges au parlement européen. Pour ces élections générales ci, il a voulu faire un jeu de 50/50 soutien aux conservateurs mais il s’est retrouvé avec rien. Absolument de héro à zéro. D’ailleurs lui-même à deux jours du vote avait révélé qu’il voterait blanc. Il reste à savoir si Boris Johnson va le récupérer dans son « People’s Government » ou lui offrir un rôle dans les futures négociations commerciales avec son expérience de plus de 25 ans comme député européen.

Alhoussein Fadiga
@kipe76

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