Rétrospective : l’année 2020 a été riche en procès d’opposants et activistes de la société civile

2020 a été riche en procès d’opposants au changement constitutionnel, de défenseurs des droits humains, d’hommes en uniforme et autres personnes anonymes. Mais cette année encore, le procès des massacres du 28 septembre 2009 ne s’est  pas ouvert. Plusieurs cas de violations des droits humains ont aussi été dénoncés par des ONG nationales et internationales à travers des rapports.

Plusieurs dizaines d’hommes politiques, d’activistes de la société civile et autres citoyens anonymes opposés à un changement constitutionnel et à un troisième mandat pour le président Alpha Condé ainsi que d’hommes en uniforme sont passés à la barre au cours de cette année. Les chefs d’accusation sont entre autre, communication et divulgation de fausses informations, trouble à l’ordre public, vol, violences, détention illégale d’armes et atteinte à la sureté de l’Etat.

Les procès d’Oumar Sylla ‘’alias foniké mengué’’ et de Saikou Yaya Diallo tous membre du FNDC ont particulièrement focalisé les attentions courant 2020.

Sékou Koundouno et Ibrahima Diallo, également déterminés à défendre la constitution du 7 mai 2010, ont été interpellés à domicile puis relaxés quelques jours après.

Au cours de l’année qui s’achève, des mandats d’arrêts jamais exécutés ont été émis contre Commissaire Fabou Camara, Directeur de la police judiciaire et son adjoint Mohamed Lamine Simakan pour de multiples infractions notamment l’atteintes à la vie privée,  violation de domicile et  destruction de biens privés et complicité. Motif invoqué,  les deux hommes bénéficient d’une habilitation d’officier de police judiciaire.

Dans les rangs des hommes en uniforme, l’année a été marquée par les procès des Colonels Mamoudou Kaba et Mamadou Alpha Barry respectivement à la Cour d’Appel de Conakry et au tribunal militaire. Le premier, a écopé de 18 mois de prison assortis de sursis et le paiement d’une amande de deux millions de francs guinéens pour outrage, injures publiques et restriction de libertés individuelles à l’encontre du substitut du procureur de Dubréka. Son habilitation d’officier de police judiciaire lui a également été retirée. Quant au deuxième, il a été reconnu coupable de vol aggravé et a été condamné à 5 ans d’emprisonnement ferme et au paiement de 140 millions guinéens.

Le 19 juillet, Me Mory Doumbouya est remplacé au département de la justice par  Mohamed Lamine Fofana. L’avocat s’est montré rassurant en affichant sa ferme volonté de faire respecter les droits humains en Guinée. Mais au cours de l’année, Human Rights Watch, Amnesty International et d’autres organisations nationales ont répertorié des cas de mort, de blessés, d’exactions, d’arrestations arbitraires et de destructions des biens publics et privés à Conakry et l’intérieur du pays. L’utilisation d’une femme comme bouclier humain a retenu les attentions en 2020.

Plusieurs  citoyens en détention à la maison centrale ont également trouvé la mort. Le cas de Roger Bamba de la cellule de communication de l’UFDG décédé après son admission au CHU Ignace Deen a particulièrement ému.  D’autres cadres du parti de Cellou Dalein Diallo et des alliés dont certains sont malades y croupissent toujours.

Dans la nuit du samedi à dimanche 6 décembre, le monde judiciaire a perdu Doura Cherif, ancien président de la cour d’appel.

2020 n’a pas été l’année d’ouverture du procès des massacres du 28 septembre 2009.

La  Guinée a aussi été condamné par la cour de justice de la CEDEAO au dédommagement des victimes des massacres de Zogotta à hauteur de 460 000 dollars américains. Cet arrêt représente une lueur  d’espoir pour les déguerpis de Kaporo-rails, Kipé2 et Dûmes qui poursuivent l’Etat guinéen devant la même juridiction supranationale.

Saidou Lébèré Baldé

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