Transition en Guinée : Première difficulté, la mise en place du Conseil National de la Transition (par Jacques Leno)

La tâche sera rude. Et si certaines langues prédisent déjà la première confrontation entre le CNRD et les partis politiques, elles ne se trompent pas. Même si pour l’heure les

grands mobilisateurs ne désavouent pas les démarches autorités actuelles. Le travail qui se fait aura besoin de leur assentiment, au risque de compliquer, voire hypothéquer la réalisation des prochaines étapes, toutes importantes. Les discours du moment, sonnent comme des alertes. Le CRND et le colonel Mamadi Doumbouya qui a pu dire à tout le monde qu’on avait échoué, semble avoir été préparé, à affronter ces difficultés.

La bataille pour aller au CNT est menée par ceux qui comprennent leurs limites et qui sont en politique pour ce type d’opportunités. Simple tremplin. Les activités politiques deviennent donc des professions à travers lesquelles ceux qui ne veulent rien faire, vivent sur le dos

du contribuable. Ceux qui savent qu’ils peuvent devenir députés, maires et présidents de la République, ne se battent pas pour y aller. Ils ont la certitude qu’ils y arriveront et donc, ils préfèrent ne pas irriter la colère des militaires.

L’alliance nationale pour l’alternance démocratique, invite cependant le gouvernement à rehausser le nombre de représentants des partis politiques. C’est certainement la volonté d’autres formations politiques. Mais il y a des difficultés et il faut tout de suite les

souligner. La première, ce que la composition du CNT, la répartition des quotas par composante de la nation, sont consacrées par la charte de la transition. Pour revoir une seule disposition, la charte ne nous dit pas comment procéder. Nous sommes sûrs d’une vérité, ce qu’on ne peut revoir les quotas sans toucher à la charte. Le texte a été élaboré par des cadres qui ne sont pas connus. Le Président nous l’a imposée, mais nous l’avons acceptée, presqu’avec joie.

Deuxième difficulté : et celle là interviendrait si le CNRD venait à accepter la sollicitation des partis politiques. Les autres composantes pourraient aussi et légitimement, demander au gouvernement d’augmenter les nombres de leurs représentants. De 81, nous risquons

d’aller à des centaines de conseillers inutilement regroupés. Si le CNRD et le gouvernement sont convaincus qu’ils ne pourraient pas aller au-delà, ils ne doivent accorder aucune demande de ce genre. Ainsi, dans cette transition, nous commencerons à respecter nos lois.

Au sein du CNT, l’influence des partis politiques a été nettement minimisée. Et en bon politiciens, ils voient loin. Au sein du parlement, même transitoire, on vote pour prendre certaines décisions importantes. Le premier vote, devrait permettre de déterminer la durée

de la transition. Certaines formations politiques ont proposé 15 mois, d’autres 18 et le décompte n’a toujours pas commencé. A l’absence d’un consensus, les autres composantes seront mieux indiquées pour décider. Les 15 représentants des politiques, minoritaires, devront se contenter de réfléchir, mais ils ne décideront plus seuls de l’avenir de la Guinée à notre place. Ce fut l’une des erreurs en 2010. Ils ont tout vu et fait politiquement.

Jacques Lewa Leno, journaliste au groupe Hadafo Médias

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