Le problème sécuritaire est réel en Afrique, il ne faut donc pas le fuir

Il n’a pas encore été bien abordé par nos dirigeants et intellectuels de tous ordres. Il y a des années, certains pays de l’Afrique centrale étaient plongés dans une crise profonde. Les guerres dans les deux Congo, en Centrafrique, en Angola, au Burundi et au Rwanda. A chaque fois, la responsabilité est renvoyée aux autres. Pour gérer les crises, on fait appel à l’étranger. C’est l’étranger qui détiendrait donc la solution. C’est l’étranger qui apporte, non pas des stratégies pour dépasser la crise, si on ne peut la maîtriser totalement, mais des armes pour nourrir la guerre.

L’Afrique de l’ouest a connu son tour de galère. Avec le Libéria, la Sierra Leone, la Côte d’Ivoire, le Niger, Le Mali et maintenant le Burkina Faso. Dans tous ces pays, les dirigeants n’ont pas été à la hauteur. La belle idée de faire intervenir les soldats de la sous-région au Libéria au compte de l’Ecomog, est abandonnée. Et à la place, on se tourne vers l’occident pour nous aider à régler nos problèmes. Nos dirigeants ne parlent pas de réformes profondes de la CEDEAO. Ils ne parlent pas de ce qu’ils doivent faire pour rétablir dans leurs Etats, la confiance. Ils ne discutent pas sérieusement autour des mécanismes de construction d’une paix durable.

L’Afrique de l’ouest a perdu ses dirigeants de valeur, capables de prendre des initiatives, sans attendre des européens, des conseils, si ce ne sont des directives. Ceux en fonction, sont devenus suivistes, répétiteurs du langage diplomatique développé dans les chancelleries occidentales. Ils croient et le peuple avec, que la démocratie et le mode de vie américano-européen, développera nos pays. Même après plus de 60 années d’expérimentation, ils restent incapables de définir leurs propres politiques. Incapables de se choisir leur propre chemin, comme les chinois, japonais, Sud-Coréens et vietnamiens l’ont fait autre fois. Ces pays asiatiques ne nourrissent pas le monde, mais ils nourrissent l’Afrique.

Le drame, ce n’est pas l’échec de ceux qui dirigent et qui manquent de vision, mais le fait que les opposants qui veulent les remplacer, n’aient pas non plus de propositions nouvelles. Nos opposants en effet, ont la même idée de gestion d’un Etat. Trouver des partenariats avec l’occident pour garantir à leur peuple, la sécurité et le bien être. Feu IBK et Rock Marc Christian Kaboré ont pêché dans leur choix de jeter leur dévolu sur la France. 10 ans pour le Mali et 6 ans pour le Burkina Faso après l’avènement des terroristes dans ces deux pays, la situation ne s’est jamais améliorée. Les deux dirigeants ont continué tout de même à compter sur la France. Leurs opposants manquent de discours tranché sur le sujet.

La CEDEAO est dans son propre piège. Elle condamnera, mais elle ne résoudra aucun problème, tant qu’elle continuera à voir la crise sécuritaire avec les lunettes de l’occident. L’occident qui préfère parler d’élections, pour placer leurs sujets à la place de la préservation de l’intégrité des territoires et la protection des populations. Elle se perdra et les militaires soutenus par les peuples, continueront à s’inviter dans les affaires, soit pour sanctionner ou pour rectifier. Les militaires redeviendront chefs, à la place des politiques civils qui ne prennent pas en compte les réalités du continent. Les autres Présidents sont avertis.

Jacques Lewa Léno, journaliste au groupe Hadafo Médias

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