Le fameux processus d’ouverture d’un cadre de dialogue reprend selon le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation ( Jacques Lewa)

Peut-être en réalité, c’est ce maintenant qu’il démarre. Les rencontres qui ont eu lieu avant la mise en place du Conseil National de la Transition, répondaient à un besoin précis : obtenir des partis politiques, leur adhésion au processus de désignation des membres du parlement de la transition. Et c’est fini. Ce dont il est question, puisqu’il faut sortir de la confusion, est une démarche d’ouverture que doit impérativement réussir le ministre Mory Condé. Il n’a pas de choix, s’il veut être utile à son gouvernement. Nous pouvons d’ores et déjà noter, la bonne foi des partis politiques. Qu’ils soient des coalitions qui appellent à des manifestations ou non, ils acceptent de répondre à l’invitation du gouvernement. La même bonne foi devrait guider, l’action du ministre de l’administration du territoire. Il n’a aucun intérêt à se montrer condescendant ; il a affaire aux politiques qui ont malmené au cours de ces quinze dernières années, cinq ministres de l’administration du territoire, de Dadis à Alpha Condé. Ils savent où taper et avec quel fouet. Ils savent quelle stratégie adopter quand ils veulent obliger un pouvoir à les approcher. Seuls Kassory et Bouréma leur ont tenu tête, parce qu’ils les connaissent bien. Une question est déjà sur la table : c’est la forme du dialogue. Certains partis politiques veulent d’un cadre permanent avec un facilitateur étranger. Il doit être désigné par la fameuse communauté internationale. C’est ce dernier qui aura donc la lourde tâche d’écouter tout le monde et servir de médiateur entre le CNRD et l’ensemble de ce qu’ils appellent forces vives de la nation. Pour le CNRD et le gouvernement, le cadre permanent doit être logé au ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation. Le ministre doit en être le patron qui écoute, propose et décide de ce qui doit se faire, en lien avec les réformes politiques. Le ministre peut plutôt compter sur certains politiques, non signataires de la déclaration des 56 partis politiques qui menacent de manifester. Pour que la volonté des partis réunis autour de l’UFDG et de l’UFR soit mieux considérée, il faut plus d’arguments que ceux qui ont été présentés dans la déclaration No 1. Elle manquait de vérité sur certains points et comportait des messages qui prêtent à confusion, au point d’encourager la haine qui remplace de plus en plus les opinions dans le débat politique en Guinée. Et de l’autre côté, le gouvernement doit rassurer sur toutes les questions. S’il s’enferme, comme ce fut le cas jusqu’ici, il alimente autour de lui et du CNRD, des suspicions. La réussite des discussions qui ont lieu maintenant, impose à chaque groupe, la sincérité. Les assises démarreront, lorsqu’on saura ce qu’elles veulent dire. Il ne suffit pas de les annoncer pour qu’elles aient lieu. Il ne suffit pas qu’elles soient programmées pour que tout le monde adhère. Et il ne suffit pas que tout le monde adhère, pour réaliser l’idéal de cohésion que souhaite chacun.

Jacques Lewa, journaliste Hadafo Médias

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