La politique, l’entrave à notre unité ( par Abdourahmane Sénateur Diallo)

Savez-vous pourquoi les vrais résultats des sermons d’unité et de réconciliation se font toujours attendre ? Savez-vous pourquoi notre société se montre encore inouïe face aux appels en chœur des activistes? Est-ce que l’on sait pourquoi nous nous regardons en chiens défaillants?
En fait, pour ne pas aller du dos de la cuillère, je trouve qu’on est d’une lâcheté incroyable. Nous (Guinéens) avons en effet réussi à identifier le poison qui rend impossible notre unité, notre solidarité. Nous avons détecté le point noir qui empêche le jaillissement de la lueur de bonheur. Mais lorsque nous nous sommes aperçu que ce poison est une chose qui nous tient à cœur, nous avons trahi alors la nation. Nous (activistes) étions déterminés à éradiquer toute chose allant à l’encontre de la cohésion nationale. Hélas! Lorsque nous comprîmes finalement que ce poison n’était rien d’autre que la POLITIQUE, nous avons rebroussé chemin. Nous avons affiché notre nature de Guinéen 2.0, celle de la lâcheté et de la partialité. Nous avons expressément bousillé la balance de l’unité pour que notre passion (la politique) y pèse plus lourd que la nation (l’entente). Nous avons ainsi trahi les idéaux pour lesquels ce peuple s’est constitué.
Néanmoins, comme il n’est jamais trop tard pour ceux qui veulent agir au nom du bien et du bon, il y’a encore des pistes, du moins une piste, pour tenter de recoller les morceaux. Mais c’est une solution qui demande à la fois du courage, de l’audace et surtout un lourd sacrifice. Pourquoi parle-t-on de sacrifice ? C’est parce qu’il est toujours difficile voire impossible d’abandonner sa passion au nom d’une cause publique. Et il se trouve que cette passion collectivement aveugle ici est justement la politique. Et quel type de politique ! On le sait tous que notre politique est un round communautaire et ethnique ; qu’il n’y a jamais de vraies idées pour développer le pays. Il n’y a que des manœuvres visant à s’enrichir sur le dos des populations qu’on a en amont manipulées et montées les unes contre les autres. C’est une politique de merde! C’est la faute à nos prétendus politiques si nous sommes maintenant ennemis alors que nous étions frères et sœurs. C’est à cause d’eux que le repli identitaire a pris de l’ampleur. Derrière un d’entre eux, nous considérons que nos voisins courant derrière l’autre se sont trompés, qu’ils sont donc à combattre. Tout ça, c’est cette politique appliquée à la médiévale chez nous qui en l’agent causal.
Maintenant qu’on a compris son impact négatif sur notre tissu social, je crois que c’est le moment d’agir en conséquence. Tout ennemi doit être anéanti, non? Oui, tout obstacle doit être supprimé. La règle est claire, pas d’ambiguïté. Notre tâche consistera alors, ensemble, je dis bien ensemble, à commencer par désigner nos leaders politiques (tous, sans exception) comme les seuls responsables de la déchirure sociale que notre peuple fait l’objet. En plus, nous déciderons, ensemble également, si nous tenons vraiment à être un peuple uni est paisible, de supprimer en nous cet amour chronique des partis politiques pour le remplacer par un amour inébranlable de la Nation qu’on mettra au dessus de toute autre entité. La Nation a préséance sur tout: sur l’ethnie, sur la région, sur la tribu…
En proposant cela, je m’attends indéniablement à des répliques. Oui, parce qu’ils vous ont totalement endoctrinés. Je sais qu’il y’a aussi cette fameuse formule toute faite des professionnels de la manipulation qui consiste à dire : <<Si vous ne faites pas de la politique, la politique fera de vous ce qu’elle veut.>> Mensonge et calomnie qui n’a pour but que de grossir les rangs de leurs troupes. Cette fois, c’est nous qui ferons d’eux ce qu’on voudra!
L’angle de changement se doit être radical et brutal. Vous me direz que c’est impossible? Non! C’est bien facile. Autant Mohammad (PSL) avait eu du mal à changer la donne religieuse à la Mecque et au delà, autant nous aurons du mal à changer la donne politique dans notre pays. Tous les porteurs d’idéaux de mutation profonde ont été farouchement combattus. Demandez au Christ. Alors voici ce que je propose:
Si nous voulons faire de nos dithyrambes d’unité une réalité, il va falloir qu’on désavoue publiquement et généralement notre système politique actuel. Que tout le monde se retire pour une décennie pour protester contre le caractère divisionniste de la politique guinéenne. Publiquement et généralement, chaque citoyen doit exprimer son ras-le-bol en se retirant de son parti politique. Lorsque que le peuple retirera son soutien au RPG, à l’UFDG, à l’UFR, au BL, à l’UDG…ils constateront son changement de mentalité et son engagement ferme à bâtir une Nation fraternelle. Ainsi, nous nous verrons unis et surtout nous nous ferons respecter par la politique. Notre seul parti doit être la patrie.

Abdourahmane Sénateur Diallo, journaliste Radio Espace, éditorialiste, homme de lettres.

Téléphone : +224 623164681

E-mail : abdouldiallo091@gmail.com

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