Depuis la prise du pouvoir de force par l’armée le 5 septembre dernier, la gouvernance va de forum en forum ( Daouda Camara)

Attention ! On ne saurait gouverner avec les fora. Depuis la prise du pouvoir de force par l’armée le 5 septembre dernier, la gouvernance va de forum en forum. 

Tout partira avec ce qu’on a appelé les concertations nationales. Mais sans aucun critère, les acteurs politiques, sociaux, le patronat, bref, tout le monde a été reçu à la fois dans une salle pleine à craquer.

Chaque corporation n’aura droit qu’à quelques minutes d’écoute, même d’échange. Il leur a juste été demandé de faire parvenir au CNRD des propositions compilées dans un mémo. La demande a certes été saluée mais c’était sans savoir que c’était de forme et que la junte n’en avait cure. 

Pour preuve, tout s’arrêtera à la simple demande puisqu’aucun mémo ne sera consulté. Si certains ont peut-être eu la chance d’être lu, mais aucune réponse ne parviendra aux auteurs. 

Plusieurs fois, plusieurs d’entre eux ont réclamé sans suite. Sinon pour ce qui est des partis politiques, ils sont des centaines avec une dizaine de coalitions, même si celles-ci sont parfois constituées dans la plus grande divergence de courant, ils s’accordent quand-même pour des intérêts qui les arrangent, cela pour de courtes durées. 

Mais attention, cette divergence ne saurait être une faiblesse de la classe politique à exploiter par le CNRD pour la soumettre à des exercices périlleux qui donneraient l’impression qu’elle est exclue du processus.

Cette prétention pourrait avoir pour élément illustrateur, ce nouveau forum engagé depuis hier mercredi par le ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation. Dans un communiqué, le Ministre Mory Condé invite toutes les parties prenantes du processus à une série de réunions au palais du peuple. Mais le hic, dans cette invitation, c’est qu’à chaque partie il n’est accordé que 30 minutes et pour quel résultat ? En tout cas, les acteurs politiques eux, sont restés sur leur faim. 

Sur plus de 300 partis politiques que compte la Guinée, il est accordé 15 places au conseil national de la transition. Si en partant à la rencontre de ce matin, les acteurs s’attendaient à du nouveau avec le MATD, ils seront plutôt déçus de n’avoir rien appris. 

Tous les partis agréés se valent, disait Yemory Condé, l’autre Condé du MATD. Et d’ajouter qu’il revient aux 300 partis de se concerter pour désigner leurs représentants. Dans le cas échéant, le choix pourrait se faire autrement. 

Eh beh, c’est de cela qu’il s’agit enfin. Si ce n’était que pour leur dire cela, ils le savaient déjà, donc nul besoin de les appeler à nouveau, juste pour ça. Se sont indignés certains acteurs.

A cette allure, le Ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation pourrait bien se faire envahir par des tonnes de dossiers de candidature, puisque tous sont agréés donc se valent, alors qui pour recaler l’autre ? 

Doivent-ils candidater en coalition ? Chacun doit-il constituer sa propre candidature ? Ce flou demeure encore et monsieur Mory Condé devra retourner auprès de Laye Mady pour recevoir des instructions, sinon la mise en place du conseil national de la transition pourrait encore attendre, sans compter que les interrogations sont les mêmes partout. 

Arrêtons de recevoir en forum, travaillons dans les règles de l’art pour une meilleure gouvernance de la transition

 Daouda Mohamed Camara

daoudacamara2rfi@gmail.com

00224 628190382

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