Consultations nationales: Les acteurs culturels ont aussi pris la parole ( Jacques Leno )

Ils évoluent dans un secteur qui a connu deux époques. Deux seulement. La première république et le reste de l’histoire et le présent de la Guinée. La première république en faveur du secteur. Une véritable promotion, parce que le Chef de l’Etat avait compris la nécessité de passer par là pour faire connaître le pays. Les autres nations avant la Guinée, ont bien compris que la musique, le cinéma, la peinture, pouvaient aussi contribuer à l’économie nationale comme, les ressources minières et les énergies fossiles. Les Etats Unis d’Amérique, l’Inde, la Chine, le Japon ont su investir dans les domaines qui les placent à des positions privilégiées dans le monde.
Cette première république que nous les plus jeunes n’avons pas connue, n’avait pas seulement fait le bon choix. Il a fait preuve de patriotisme et d’intelligence. Et jamais on ne perdrait de vu cette réalité. La Guinée de Sékou Touré, dit-on jusqu’aujourd’hui un peu partout en Afrique. Au-delà du discours haut qu’il a porté pendant toute sa gouvernance, le premier président guinéen était un passionné de la culture. Il s’est appuyé sur elle pour asseoir sa politique d’affirmation de l’identité guinéenne et de l’homme noir.
Le reste de l’histoire et le présent, nous les connaissons. Libéralisme à tout va. Les sociétés de production sont nées dans le domaine musical. Des artistes ont chanté la belle Guinée. Des titres éponymes ont traversé les frontières. Toutes ces structures n’ont pas vu venir le changement technologique qui allait forcément bouleversé l’industrie musicale. Les autres formes d’art que sont le cinéma, la peinture, la sculpture, le théâtre, … n’ont pratiquement aucun espace. Les quelques rares guinéens parmi nous qui les exercent ont du mal à s’en sortir.
La politique culturelle n’est pas connue. En tous cas nous ne savons aucun objectif de l’Etat dans ce domaine. Le pouvoir d’Alpha Condé n’a été fort que de produire un document qui identifie les sites touristiques, les monuments, sans même mentionner clairement ce qu’il fallait en faire. Et s’il faut évaluer l’action de l’Etat au compte de la culture, on peut noter l’organisation de deux éditions du Festival des arts et de la culture. Avec des couacs en plus. Et puis rien. Le département logé dans un bâtiment privé, bénéficie de moins d’1% du budget national de développement. En plus de ne pas être une priorité, la culture est piétinée dans ce pays.
Les acteurs culturels partent devant le Président du CNRD solliciter un nettoyage du secteur, un rajeunissement de l’administration, ils oublient les questions essentielles. Il faut une politique réelle pour qu’on sache ce qu’on veut faire dans ce domaine dans les cinq ou dix prochaines années. Ce n’est pas une question de fortune à se partager, mais d’actes à poser pour faire connaître la Guinée à travers les différentes formes d’art. La finalité sera de persuader les politiques à intégrer la dimension économique du secteur. L’économie culturelle a existé avant les économies minière, pétrolière et numérique. Et c’est une économie forte dont la redistribution est facile.
Jacques Lewa Leno, journaliste au groupe Hadafo Médias

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