Sénégal: l’opération militaire en Casamance provoque des milliers de déplacés en Gambie

Separatists belonging to the Movement of Democratic Forces of Casamance (MFDC) arrive ahead of the release of seven captured Senegalese soldiers at an abandoned settlement, Baipal in Gambia on February 14, 2022. - Separatist rebels from Senegal's southern Casamance region on Monday handed over seven Senegalese soldiers whom they had captured three weeks ago, AFP reporters saw, demanding nothing in return. (Photo by MUHAMADOU BITTAYE / AFP)

Cela fait près d’une semaine que l’armée sénégalaise a lancé une opération militaire en Casamance, dans le sud du pays. Depuis dimanche 13 mars, cette opération vise selon l’état-major à démanteler les bases MFDC de la faction du chef rebelle Salif Sadio. Peu d’informations filtrent sur le déroulement de l’opération militaire. Les récents combats ont provoqué des déplacements de populations dans la zone frontalière.

Quelque 6 350 déplacés et réfugiés ont été enregistrés au total dans la zone du Foni Kansala, au sud de la Gambie. Ce sont les premiers chiffres annoncés par l’Agence nationale de gestion des crises à Banjul depuis le début de l’opération militaire.

Parmi eux, une majorité – 4508 personnes – sont des déplacés internes, donc des ressortissants gambiens. « 61% des ménages sont dirigés par des femmes », ajoute l’agence officielle, qui indique que « ces personnes ne peuvent plus rester dans leurs maisons à cause de la proximité des combats et des implications globales des affrontements en cours ».

Autre chiffre : 543 ménages ne reçoivent aucune aide. « À la frontière entre le Sénégal et la Gambie, ce sont les mêmes familles », explique un habitant de la région, « de nombreux villageois sont souvent accueillis chez leurs parents » dans le sud de la Gambie.

Bombardements et tirs à l’arme lourde

Depuis près d’une semaine, des témoignages font état de bombardements aériens et de tirs à l’arme lourde dans le nord de la Casamance. À Dakar, l’état-major ne fait pour l’heure aucun commentaire sur le déroulement des opérations, et n’avance pas de bilan.

Cette opération fait suite à un accrochage survenu fin janvier entre des combattants séparatistes et un détachement sénégalais de la force Cédéao en Gambie, présente dans le pays depuis 2017. Quatre soldats avaient été tués et sept autres retenus prisonniers, jusqu’à leur libération le 14 février.

RFI

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