Au Soudan, des centaines de manifestants réclament la démission du gouvernement

Alors que le FMI avait annoncé la veille une importante aide économique au Soudan, avec un allègement de dette de 50 milliards de dollars, des centaines de personnes ont défilé mercredi à travers le pays pour dénoncer les mesures d’austérité mises en place pour satisfaire l’institution internationale.

Des centaines de personnes ont manifesté mercredi 30 juin dans plusieurs villes du Soudan, réclamant la démission du gouvernement en raison de mesures d’austérité mises en place dans le cadre de réformes soutenues par le Fonds monétaire international (FMI).

« Non aux politiques » des institutions financières internationales ou encore « Le peuple veut la chute du régime » faisaient partie des principaux slogans scandés par les protestataires à Khartoum, selon des correspondants de l’AFP sur place.

D’après un communiqué du ministère de l’Intérieur, 52 policiers ont été blessés dans des affrontements avec les manifestants à Khartoum.

Des dizaines de manifestants ont brûlé des pneus devant le palais présidentiel, arborant des pancartes où l’on pouvait notamment lire « Du pain pour les pauvres », avant que la police ne les disperse à l’aide de gaz lacrymogènes.

Ces manifestations surviennent moins de 24 heures après que le FMI a annoncé débloquer une aide économique massive pour le Soudan, avec un allègement de dette de 50 milliards de dollars, représentant près de 90 % de la dette totale du pays.

Palpable depuis plusieurs mois, la grogne populaire s’est accentuée après la suppression, début juin, des subventions sur les carburants, qui a fait doubler les prix du diesel et de l’essence.

À Oumdourman, ville jumelle de la capitale, des manifestants tentant de rejoindre Khartoum ont été dispersés par la police à l’aide de gaz lacrymogènes.

À Kassala (est), des dizaines de personnes sont descendues dans la rue pour réclamer justice pour des personnes tuées lors des manifestations populaires qui ont chassé du pouvoir en 2019 le président Omar el-Béchir.

« Le sang pour le sang, nous n’accepterons pas d’indemnisations », ont crié des manifestants.

« Nous sommes sur la bonne voie »

Depuis août 2019, le Soudan est dirigé par un gouvernement de transition civilo-militaire.

Celui-ci s’est engagé à rétablir l’économie exsangue du pays, en lambeaux après 30 ans de mauvaise gestion, de conflits internes et de sanctions internationales sous Omar el-Béchir.

Lors d’un discours retransmis à la télévision nationale, le Premier ministre Abdallah Hamdok a fait mercredi l’éloge de la « patience » et de l' »endurance » du peuple soudanais, après l’annonce du FMI. « Nous sommes sur la bonne voie », a-t-il affirmé.

En amont des manifestations, les autorités ont annoncé avoir arrêté 79 personnes soupçonnées d’avoir des liens avec Omar el-Béchir et de prévoir des actes violents.

La date de mercredi coïncide également avec l’anniversaire du coup d’État qui a porté Omar el-Béchir au pouvoir en 1989.

Avec AFP

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