Rétrospective: Comment s’est portée l’économie guinéenne en 2020 ?

 La rétrospective de notre rédaction, révèle une baisse du taux de croissance. Le PIB qui était de 6,2% en 2019, s’est retrouvé à un niveau nettement inférieur. Soit -1,8% à cause du COVID-19. Le rebond économique qui avait été constaté les années antérieures grâce aux investissements directs étrangers, a donc été lourdement impacté. Malgré tout, l’économie Guinéenne est restée résiliente alors que celle mondiale a plongée dans une sévère récession.

L’année 2019, a été l’une des rares périodes de gloire pour l’économie Guinéenne depuis l’avènement du Pr Alpha Condé au pouvoir. De l’atteinte du PPTE jusqu’à l’amorce du PNDES en 2016 en passant par l’épidémie d’Ebola, ce n’est qu’en 2019, que la croissance a marqué le pas pour atteindre 5,6%. Selon les prévisions faites par le FMI, cette croissance devrait se chiffrer autour de 6%.

Malheureusement, avec la pandémie de COVID-19 signalée dans le pays le 12 mars 2020, le taux s’est maintenu à 5,2% et l’inflation pour un taux de glissement de 10,6% contre 9,1% en 2019. L’économie qui s’est contractée de 1,8 % et pourrait se redresser de 3,8 % en 2021. La croissance du PIB qui a ralentie à 2,9% en 2020 pourrait grimper à 7,6% en 2021 à mesure que les effets de la pandémie se dissiperont et que les conditions économiques s’amélioreront.

Ce qui montre que les perspectives macroéconomiques n’ont jamais été au rendez-vous dû au ralentissement du commerce extérieur, des investissements directs étrangers, des transferts de fonds, des réserves de devises étrangères et des recettes et dépenses publiques.

Mais la baisse des prix du pétrole a bien compensé la chute des revenus, contribuant ainsi à maintenir le déficit budgétaire à 2,9 % du PIB en 2020. Le déficit du compte courant s’est retrouvé autour de 23,2 % en 2020. Le franc guinéen continuera probablement à se déprécier à moyen terme, le pays luttant pour accumuler des réserves de change face à la réduction de ses exportations.

Pour contrer ces effets désastreux de la pandémie, le gouvernement a mis en œuvre un plan de relance économique. Il a renforcé le système de surveillance et protégé la population. Il s’agit notamment de la distribution de kits de protection, des transferts d’argent à 240.000 ménages, et la gratuité de l’eau et de l’électricité d’avril à décembre 2020. Des mesures ont été également prises pour protéger les entreprises en réduisant les charges financières et fiscales des secteurs les plus touchés notamment l’hôtellerie et le tourisme, en assouplissant les conditions de financement et en accordant des subventions et des garanties pour faciliter l’accès au crédit.

Aussi, le gouvernement a bénéficié d’un soutien financier massif de la part de ses partenaires au développement. Ce qui a permis de réunir suffisamment de ressources pour mettre en œuvre le plan d’urgence. On note notamment, la conclusion des 5ème et 6ème revues du programme de facilité élargie de crédit dont l’approbation a permis à la Guinée de bénéficier d’un appui budgétaire de 147,52 millions de dollars Américains. Au-delà du portefeuille actuel de la Banque mondiale en Guinée qui s’établit à 942,9 millions de dollars un financement additionnel de 10,9 millions de dollars a été obtenu pour aider la Guinée à faire face à la pandémie de COVID-19.

Pour sa part, la banque centrale a efficacement soutenu les efforts du gouvernement par l’abaissement du taux directeur de 12,5 à 11,5%, par la réduction du coefficient de réserves obligatoires de 16 à 15% et la mise en œuvre du processus de digitalisation des opérations de change. La masse monétaire a augmenté de 31% pour se situer à 36 mille 402,5 milliards de francs Guinéens. Les crédits au secteur privé ont augmenté de 16%. Les réserves brutes quant à elles se sont chiffrées à 6,5% soit environ 4,2 mois d’importation.

Contrairement à cela, la dépréciation du francs Guinéens est passée de 5,2% en 2019 pour atteindre 11,4% en 2020. Cependant, le secteur bancaire est resté résilient avec une croissance des activités. Le nombre de clients des banques est passé de 4 millions en 2019 à près de 6 millions en 2020. Les transferts d’argent vers la Guinée ont fait près de 3 millions d’Euros.

Au-delà de tout, les efforts du gouvernement pour réduire le déficit budgétaire, restent entravés par les difficultés de collecte des recettes internes. Cette situation s’explique par un faible civisme fiscal, des moyens de contrôle inadaptés et de nombreuses exonérations fiscales.

Par contre, le pays a connu un niveau d’endettement modéré. La dette publique se chiffre autour de 44,8% et pourrait s’élever à 43,3% en 2021. Cette hausse serait le fait des efforts budgétaires nécessaires pour faire face à la pandémie du Covid-19, mais également de nouveaux prêts souscrits auprès de la Chine destinés au financement d’infrastructures routières et énergétiques.
Les produits alimentaires qui représentent 37,6% du panier de la ménagère, ont également connu une pression haussière sur le niveau des prix.

Le gouvernement, conscient des potentialités économiques du pays, a engagé des réformes pour améliorer le climat des affaires. La Guinée a ainsi progressé de 23 places au classement Doing Business 2020 grâce notamment aux efforts du guichet unique du commerce extérieur de Guinée. Mais le climat des affaires reste miné par la faiblesse du cadre juridique, l’insuffisance des infrastructures énergétiques et de transport, les lourdeurs administratives et les pratiques de corruption et de détournement. Ce qui continue d’accroitre le taux des inégalités sociales alors que 80% de la population active du pays reste au chômage selon le PNUD.

Mamoudou Babila KEITA  

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