Guinée: des marchands de bétails dénoncent les tracasseries douanières après avoir enregistré des pertes

Des commerçants de bœufs ont enregistré des pertes sur la nationale Siguiri-Conakry. Ils accusent les douaniers d’avoir retenu leurs camions remplis de bétail pendant deux jours à Dabola. Plusieurs bœufs ont fini par mourir de faim et de soif selon les commerçants qui invitent l’Etat à prendre ses responsabilités.

C’est la douane qui  aurait  bloqué 10  camions remplis de bœufs   à  cause d’un montant de 4 millions de francs guinéens. C’est ce que rapportent les concernés qui dénoncent également la  non-assistance du département de tutelle. Ces pertes sont causées par les tracasseries routières.  Partis de Siguiri pour rejoindre la capitale Conakry,  les camions remplis de bœufs ont été bloqués pendant deux jours par les douaniers à  Dabola. Le montant demandé étant exorbitant,  les commerçants se sont vus dans l’incapacité de payer. « On nous a intercepté à Dabola,  on a présenté les documents mais ils n’ont pas voulu nous comprendre.  On a fait appel au responsable de la chambre de commerce qui nous a aidés à négocier.  On leur a demandé de nous libérer comme les bœufs étaient sous le soleil  mais ils ont répondu que c’est Faranah qui doit donner l’autorisation.  On a dit que c’est Conakry qui coiffe Faranah. Après d’âpres négociations,  ils ont demandé 300 000 pour chaque camion », relate Mamadou Hawa Baldé.

Dame Baldé et ses collègues commerçants ne comprennent pas pourquoi ils ont été interpellés alors qu’ils ont une marchandise légale. « Les bœufs étaient rangés dans les camions,  le temps pour nous d’arriver à Conakry on avait enregistré  beaucoup de pertes à cause du retard accusé sur la route. C’est regrettable,  nous ne sommes pas des voleurs,  on a acheté notre marchandise à Siguiri et non à Bamako. On avait aussi des documents ».

Plusieurs commerçants ont tout perdu.  Ils demandent à L’État de mettre fin à cette pratique. « Nous demandons aux autorités de mettre fin à ces pratiques, beaucoup d’entre nous ont tout perdu ici. Plus de 35 têtes de bœuf jetées sur la route sans parler des bœufs morts ici alors que le bœuf le moins cher coûte 9 millions.  Si cela continue,  les gens n’auront plus de viande à Conakry », dira Thierno Hamidou Sow qui assure que ces bœufs étaient destinés aux boucheries de Conakry. 

Mamadou Bhoye Bah

Pour rappel, le 12 mars dernier,  12 bœufs avaient été tués  à l’abattoir de Kaporo après une altercation entre des gendarmes et les bouchers.  

Mamadou Bhoye Bah

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