Diplomatie : le G5 a-t-il présenté des excuses à la junte après avoir condamné l’usage des armes dans le maintien d’ordre ?

Qu’est-ce qui s’est passé entre les diplomates accrédités en Guinée et le ministre guinéen des affaires étrangères ?  Selon nos confrères de la RTG, le G5 s’est confondu en excuse devant le gouvernement guinéen, hier lundi, 1er août 2022. La junte au pouvoir trouve inacceptable que les représentants des Nations-Unis, des États-Unis, de l’Union Européenne, de la CEDEAO, et de la France publient des déclarations sur les réseaux sociaux concernant sa gestion. Mory Sanda Kouyaté a-t-il réussi à faire plier ces grandes puissances ? La question est entière.

  Au lendemain des deux journées de manifestations marquées par des violences qui ont fait au moins 5 morts selon le FNDC, toute une panoplie des déclarations a été enregistrée pour condamner la répression et le caractère non pacifique de la manifestation. Parmi ces déclarations celle du G5 qui déplore « le recours excessif à la force et l’utilisation alléguée d’armes létales pour le maintien de l’ordre ».

 Une importante rencontre s’est imposée entre le ministre des affaires étrangères et les diplomates accrédités en Guinée. Dr Mory Sanda Kouyaté les a rappelés à l’ordre selon nos confrères qui parlent d’une maladresse diplomatique.

 « Plusieurs fois on a vu l’armée dans les aéroports de Bruxelles, de Paris, avec des armes létales, dans les aéroports on les voit. Pourquoi ? Ce n’est pas pour tuer, c’est protéger les gens. Donc nous aussi quand nous sortons notre armée, ce n’est pas tuer, ce pour protéger. C’est eux qui ont formé notre armée, ils n’ont pas formé nos militaires pour tuer… », rétorque le ministre Kouyaté devant les caméras de la télévision guinéenne.

 Dans la déclaration incriminée, le G5 suggère au Gouvernement de la Transition de diligenter une enquête sur les violations et abus des droits de l’homme. Là aussi, la réponse du diplomate guinéen est sans ambages. « C’est n’est pas à ce gouvernement qu’on demande de faire une enquête. Pour la seule fois, la première fois qu’il y a eu mort d’homme ici, on a identifié la personne qui a tué. L’intéressé a été jugé et condamné, c’est au temps du Colonel Mamadi Doumbouya… On ne demande pas à un État souverain de faire une demande c’est son rôle », a fait savoir le ministre. Cependant, l’on ignore où et quand ce procès a eu lieu. Ce que l’on sait à date, un agent a été inculpé pour meurtre (affaire Thierno Mamadou Diallo, tué dans un salon de coiffure en marge d’une manifestation) et placé sous mandat de dépôt à la maison centrale de Conakry.

 Autre fait qui a irrité la colère de la junte, c’est l’utilisation des réseaux sociaux par les représentants des Nations-Unis, des États-Unis, de l’Union Européenne, de la CEDEAO, et de la France. « Ils ne sont pas accrédités auprès de Facebook, ils sont accrédités auprès du gouvernement guinéen. Et nous ne voulons pas que les réseaux sociaux prennent en otage nos relations », insiste le ministre dans un ton plus ou moins ferme.  Le passage de Dr Gilbert Gbéhoumou, porte-parole de G5 dans l’élément de reportage a dit en substance que lui et ses collègues ont compris le message du ministre, et qu’ils sont engagés à accompagner la transition dans le cadre stratégique définit par le gouvernement. Reste à savoir si le G5 va se conformer ou démentir l’élément de reportage de la télévision nationale.

Mamoudou Boulléré Diallo

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