Ministère de la santé : 10 milliards manquent à l’appel dans les comptes au moment où Zenab Nabaya était DAF ? (Enquête exclusive)

Au lendemain de l’incendie survenu dans les entrepôts à médicaments de la pharmacie centrale de Guinée, le fonds mondial s’est s’engagé dans le Pnancement de la construction d’un dépôt moderne à Manéah dans Coyah. L’Etat Guinéen a mis à la disposition du ministère de la santé, un montant de 17 milliards de francs Guinéens, représentant la contrepartie exigée par le fonds mondial. Depuis plus d’un an, une bonne partie de ce montant semble s’être volatilisée. Que s’est-il passé réellement ?

La pharmacie centrale de Guinée, découle de l’ancienne pharmacie d’approvisionnement appelée Pharmapro créée en 1950 à
Mamou. Gérée par l’administration coloniale, au lendemain de l’indépendance de la Guinée en 1960, elle va être nationalisée et
appelée désormais Pharma Guinée. A cette époque, elle avait le monopole d’importation de tous les produits pharmaceutiques, couvrant ainsi l’ensemble des besoins nationaux.

En 1989, des réformes majeures engagées suite à l’avènement du nouveau régime, vont aboutir notamment à de nouveaux statuts. Il sera érigé en EPIC et c’est par le Décret D/92/133/PRG/SGG du 17 décembre 1992, que cet établissement public va prendre le nom de Pharmacie Centrale de Guinée en abrégée PCG.

La Pharmacie Centrale de Guinée(PCG) en tant qu’instrument de mise en œuvre de la politique pharmaceutique nationale, chargée d’assurer l’approvisionnement en médicament essentiels génériques de qualité, des structures sanitaires, ONG et toutes autres institutions impliquées dans le système de santé du pays.

Depuis des années, cette importante structure de la politique publique en matière de santé, est coincée entre le marché de Madina et la mairie de Dixinn. La PCG, point nodal de la politique logistique intégrée du Ministère de la santé, est la porte d’entrée de l’ensemble des produits diffusés dans les structures publiques de santé en Guinée, a de sérieux soucis de stockage et de conservation des produits pharmaceutiques. L’équipe actuelle, à sa tête Dr Moussa Konaté, va porter ce souci majeur auprès du gouvernement mais aussi des partenaires de la structure. Des engagements seront pris de part et d’autres mais avant leur leur mise en œuvre, le 17 Juin 2017, un sinistre va se produire dans les locaux de la pharmacie centrale de Guinée. Les magasins de stockage vieux de plusieurs décades, vont prendre feu. Un court-circuit en serait à l’origine.

Le 19 Juin 2017, il sera mis en place conformément au Procès-verbal de réunion d’urgence tenue à la Pharmacie Centrale de Guinée, une Cellule de Coordination et cinq (5) Commissions techniques.

A l’époque, Dr Moussa Konaté Directeur de la PCG et le Ministre de la santé Abdoulaye Diallo vont agir sur le terrain, des partenaires aussi ont manifesté leur intérêt à doter la PCG d’infrastructures modernes de stockage des produit. Parmi ces partenaires, on compte l’un des plus importants : Le Fonds Mondial.

Le Fonds Mondial est un partenariat sérieux mais complexe conçu pour mettre rapidement en à trois épidémies à savoir : le paludisme, la tuberculose et le SIDA. A ce titre, il mobilise et investit plus de 4 milliards de dollars à l’appui des programmes conçu dans au moins 100 pays y compris la Guinée. Il va s’engager à soutenir la construction de nouveaux entrepôts pour la PCG et l’équipe actuelle de Dr Konaté avait déjà acquis un domaine à Maneah. Le coût global provisoire de l’infrastructure s’élevait à Six millions deux cent quatre-vingts sept mille cent soixante sept (6.287.167) dollars US. Le fonds mondial en contrepartie, va demander à l’Etat de enancer les travaux de viabilisation du site et le soubassement. Cet apport de la Guinée au projet s’élevait à 17 Milliards GNF.

Le Président de la République, au regard de l’importance du projet, va autoriser l’affectation de 17 milliards gnf au ministère de la santé au bénéece donc de la PCG. Alors la PCG attendait les experts du fonds mondial dans le cadre du recrutement de l’entreprise devant effectuer les travaux de viabilisation du site. Le ministère de la santé va engager une entreprise dans des conditions pour le moins ioues. 7 milliards sur les 17 seront décaissés et l’entreprise va engager les premiers travaux qui devraient durer 18 mois. Quelques mois plus tard, une mission du fonds mondial va aller sur le site de Maneah et elle va être déchanté. Les travaux seront stoppés et des procédures sont en cours pour le recrutement d’une nouvelle entreprise. Et entre temps la PCG et le fonds mondial s’activent pour la reprise des travaux sur le site car il y a urgence les entrepôts de madina sont assez exiguës et pas commodes pour certains produits pharmaceutiques.

Puisque le démarrage des travaux tardent, le fonds mondial va écrire au ministère de la santé pour s’assurer qu’il reste dans les comptes prévus à cet effet, 10 milliards gnf représentant le reliquat des 17 milliards qui constitue l’apport de l’Etat guinéen dans le projet.

 

 

Une fois le courrier reçu, l’actuel ministre de la santé va à son tour écrire à son homologue de l’économie et des enances. Un courrier dans lequel, il va demander la situation du fonds destiné à la construction d’un dépôt moderne en faveur de la pharmacie centrale de Guinée à Manéah dans Coyah, pour un montant de 17.742.293.000 GNF, représentant la contrepartie de l’Etat Guinéen dans la réalisation dudit projet.

Le Ministre de l’Economie et des Finances, va repondre également par courrier en mentionnant qu’un engagement budgétaire à hauteur de 17 milliards GNF, correspondant à l’ordre de virement N°5087 du 11 octobre, a été effectué par la Direction des Affaires Administratives et Financières (DAF) du département de la santé. Le ministre des enances précise à son homologue de la santé, qu’il ne s’agit donc pas de 17.742. 293.000 GNF comme il le prétend, mais plutôt de 17 milliards tout court. Ci-dessous, une copie du courrier du ministre.

 

Le ministre de l’économie et des enances, ajoute que ce montant a été consigné dans les livres du trésor public sur le sous-compte N° 224161 dont le compte générique N°2011000148 intitulé PGT/Dépôts des services Publics qui est domicilié dans les écritures de la BCRG.

Et pour enir, le Ministre de l’économie et des Finances, indique que 7 milliards ont été décaissés par les services compétents du ministère de la santé sur un montant de 17 milliards et qu’ainsi, le solde disponible est de 10 milliardsdans le compte. Le courrier réponse du Ministre de l’économie et des enances date du 09 Décembre 2020. Le Ministre Mamadi Camara va prendre le soin de joindre à son courrier, une copie du solde dans le compte indiqué plus haut (10 Milliards).

Ce courrier réponse sera envoyé au fonds mondial pour le rassurer de la disponibilité des 10 milliards dans le compte. Mais il se trouve que les travaux à Maneah n’ont pas repris et cela a éveillé nos soupçons. Nous avons tenté d’avoir les comptes du Ministère de la santé mais en vain. Le compte sur lequel, les 17 milliards avaient été transférés, avait été mis sous séquestre nous n’avons pas pu nous rassurer de l’existence des 10 milliards restants.

Deux sources bien introduites dans les arcanes du Trésor public et de la BCRG, vont nous fournir un document important. Ce document qui est en réalité la situation du compte où étaient logés les 17 milliards, indique que le ministère de la santé à trois compte en GNF à savoir :

  • -02230260009
  • – 02230260012
  • -02230260024

Le premier compte est celui sur lequel les 17 milliards auraient été logés mais, au lieu de contenir 10 milliards comme mentionné plus haut, il n’apche que 41.983.349 GNF à la date de Février 2021.

 

Alors, pour rappel, au moment de la mise à disposition des 17 milliards au ministère de la santé, le ministre de la santé ne s’appelait pas Dr Rémy Lamah mais plutôt Abdourahamane Diallo et la DAF ne s’appelait pas Madame Diallo mais plutôt Zénab DraméZenab Nabaya Dramé.

Nous n’accusons personne, mais nous avons le droit de savoir car ces 17 milliards GNF sont la part que chaque Guinéen a apporté à ce projet pour permettre à nos hopitaux de ne pas être en rupture de médicaments essentiels, de génériques et surtout, ces 17 milliards représentent la volonté politique de l’Etat qui se soucie de la lutte contre le paludisme, la tuberculose et le VIH SIDA.

Les dossiers entre notre possession, ont été envoyés au procureur de la république près le tribunal de première instance de Kaloum et à l’ANLC dans le souci de nous aider à éclairer sur la destination des 10 milliards restants. Si rien n’est fait pour rassurer le fonds mondial, la Guinée perdra le enancement de ses ouvrages à Maneah et prendra un sacré coup en termes de crédibilité et pourrait se voir refuser beaucoup de enancement extérieur.

Dans le préambule de la constitution du 07 Mai 2010, il était mentionné à l’alinéa 3 :

-Que le peuple de Guinée proclame sa volonté d’établir de promouvoir la bonne gouvernance et de lutter résolument contre la corruption et les crimes économiques. Ces crimes sont imprescriptibles.

Or, la nouvelle constitution de 2020 dit ceci : ……réaprmons notre volonté de promouvoir la bonne gouvernance et de lutter contre la corruption et les crimes économiques.

Cette omission volontaire de l’imprescriptibilité des crimes économiques et des actes de corruption, est symptomatique de la volonté du pouvoir actuel à lutter contre la corruption.

Affaire à suivre…

SOURCE : INQUISITEUR

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