« Mémoire collective », un livre qui divise

« Mémoire collective », un livre qui divise

Cette collecte n’a pas réussi à faire de cette œuvre une mémoire véritablement collective. Ce n’est pas parce que le travail est mal fait. Mais parce qu’il porte sur la Guinée. Il est difficile, voire très difficile de parler de cette Guinée. Ceux qui doivent prendre la parole, se taisent. Ceux qui en parlent sont mal perçus. Et on continue à dire que c’est sensible.

Revenons à la présentation du livre hier au palais du peuple. Les auteurs et le modérateur du panel qu’est Juan Gomez repartent, nous en sommes convaincus avec plus d’informations qu’ils n’en ont donné finalement dans le livre. L’atmosphère qui a prévalu peut encore elle-même nécessité la rédaction d’un document aussi volumineux pour la mémoire.

Les deux groupes qui semblent revendiquer chacun une des deux versions de l’histoire de la première république ont poussé quelques cris dans la salle. Nous les avons entendus comme nous en avons l’habitude : Et nous prenons la peine de relayer leurs propos, citation : C’est faux pour ceux qui ne veulent pas qu’on parle du camp Boiro, de la torture, des pendaisons et de Sékou Touré le tyran, nous les classons dans le groupe A. Et A bas les tortionnaires pour ceux qui tiennent à parler moins, sinon pas du tout de Sékou Touré le héros, ces derniers nous les désignons par le groupe B. Attention nous nous connaissons bien dans ce pays.

Ces deux groupes sont malheureusement au cœur du système politique guinéen depuis 6 décennies. ET quoi qu’on dise, ils continueront à se reprocher énormément de choses. La composition du panel, les panélistes et leurs noms de famille dont le choix, de notre point de vue n’a tenu compte d’aucune considération ethnico régionaliste, a renvoyé une image toute autre que celle que les auteurs ont voulu faire voir. En clair, si les auteurs avaient pensé avoir mis devant le public des guinéens qui ont produit des articles contenus dans ce livre, pour le groupe A, ce sont des représentants du groupe B qui parlaient de Sékou Touré. Peu importe s’ils ont pu parler des violences sous le règne du CMRN, de janvier février 2007 ou du 28 septembre 2009.

Le premier président divise. ET lorsque nous disons que les journalistes de RFI et activistes de la FIDH repartent avec plus d’informations qu’ils n’en ont donné dans ce livre, ce n’est pas pour minimiser ce qu’ils ont fait comme travail. C’est un travail de recherche bien fait qui a le mérite d’être exploité pour l’avenir. Mais déjà ils comprennent la nécessité de rétablir la vérité dans notre pays. Elle fera forcément mal à ces deux groupes, mais il faudra passer par là.

Nous avons aussi eu l’impression que nous nous trompons souvent lorsqu’on attribue l’entière responsabilité de la persistance du débat communautaire aux leaders politiques. Le citoyen guinéen nous faisant douter, nous pensons que c’est au-delà des partis politiques. Bien sûr ils s’en servent mal, mais certains guinéens sans être manipulés sont foncièrement ancrés dans l’ethnocentrisme. Comme le dit quelqu’un, la première étape dans la résolution d’un problème est de reconnaître qu’il y en a un. Le problème ethnique existe en Guinée. Il n’est pas forcément lié aux partis politiques.

Jacques Lewa LENO

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