La nécessité de doter le pays de sites de mémoire

La nécessité de doter le pays de sites de mémoire

Que fait-on pour la mémoire de notre pays ? Qu’avons-nous fait pour enseigner nous-mêmes à nos enfants la vraie histoire de cette terre qui nous a vu naître ? Des questions de cette nature, nous en avons plusieurs autour desquelles il devrait y avoir des débats sensés. Ce 25 septembre et les semaines à venir, nous aurons encore à effleurer. Nos erreurs du passé nous rattrapent et ne nous permette pas hélas d’assumer le passif. Certains aimeraient qu’on ne parle jamais de ce qui est considéré comme atrocité sous la première république. Ou qu’on n’évoque jamais la barbarie de ceux qui ont ouvert la voie au libéralisme en 90 après avoir augmenté le nombre de frustrations dans le pays.

Faut-il le rappeler, des guinéens ont été tués. Ils ont aussi été tués le 28 septembre et désormais, on veut nous dire qu’un jour historique a été souillé. Non, ce n’est pas exactement ça. Notre problème ne tient pas au fait que des événements tragiques aient eu lieu sur ces dates, dit-on marquantes. Mais il tient au fait que nous n’avons jamais réalisé qu’il existe ou que ces tragédies ont réellement existé. Tous les jours nous commettons les erreurs. Nous devrions sans crainte ériger des stèles en mémoire de nos disparus. Où se trouve nos espaces mémoriaux ? Nulle part.

On se ment dans les livres, parce que chacun a sa vérité sur les anciens régimes dans ce pays. Il n’y a pas longtemps que le ministère de la culture s’est donné le loisir d’inscrire les noms de nos anciennes gloires du football à des endroits stratégiques du stade du 28 septembre. Il leur a rendu hommage voyons. Ce stade quoi qu’on veille cacher des faits, garde à jamais l’image du massacre de 2009. On ne peut pas espérer que les parents des victimes oublient maintenant cela. On ne peut pas s’attendre que ces événements tragiques soient un jour banalisés.

La justice prendra du temps, elle sera peut-être rendue ou non, mais les guinéens parlerons du stade, comme ils parlent du camp Boiro, devenu camp de la camayenne, du pont de Moussoudougou, ou pont des pendus rénové. Nous aurions à gagner en donnant du sens à cette histoire. A ces fautes commises par les anciens dirigeants de ce pays. Nous aurions à gagner à l’occasion de ces fameux baptêmes au stade du 28 septembre, en inscrivant les noms des guinéens tués pour l’avènement d’un civil au pouvoir. Faudrait-il que l’Etat dispose d’une liste de victimes vraiment. Et c’est dommage, parce que le pouvoir politique qui doit agir pour la paix, esquive toutes les questions sur les tueries et ne fournit pas de listes de victimes. Il n’a pas peur. Il voit seulement en ces victimes et à leurs parents, des adversaires politiques.

Il faut quand même un peu de sagesse pour prendre de bonnes décisions. Aucun président ne réussira à taire les controverses sur les périodes sombres qu’a connu cette Guinée, s’il ne fait pas dire la vérité à tous, en dotant le pays de sites de mémoire. On n’y viendra pas tout simplement se recueillir, mais pour apprendre et conter notre propre histoire. Elle doit être écrite par et pour nous-mêmes.

Jacques Lewa LENO

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